Le Support Client (La Clé du Succès) avec Augustin Prot de Weglot
031 : Le Support Client (La Clé du Succès) avec Augustin Prot de Weglot

031 : Le Support Client (La Clé du Succès) avec Augustin Prot de Weglot

  • Naier Saidane  -  20 mai 2019

Aujourd’hui je reçois Augustin Prot fondateur de Weglot.

Augustin partage avec nous son parcours entrepreneurial avec Wegot et comment ils ont réussi à atteindre un revenu annuel récurrent de 2 millions d’euros.

Dans cet épisode du podcast, vous allez découvrir :

  • Le démarrage de Weglot avec un petit script tourné chez un utilisateur
  • Comment Augustin a cherché ses premiers Bêtas testeurs
  • Comment ils ont décroché leurs premiers clients
  • La création d’un plugin wordpress pour Weglot et l’impact puissant que cela a généré
  • Comment Weglot a fait pour faire monter ses chiffres en flèche jusqu’à atteindre 2 millions € / an
  • L’importance du support client pour une belle réussite
  • Comment Weglot a géré la montée en croissance en passant de quelques centaines à 50 000 sites clients

Dans cet épisode vous allez découvrir

  • 2:05 : Son tout premier business.
  • 3:20 : Comment s’est passé le démarrage de son business.
  • 5:58 : Comment ce sont passées les premières ventes
  • 6:52 : Le meilleur canal marketing qu’il utilise pour faire connaitre son business.
  • 10:03 : Les chiffres de 2 millions d’euros aujourd’hui.
  • 18:51 : Les prochaines étapes clés de la croissance de Weglot
  • 20:53 : Le pire moment de son parcours d’entrepreneur et comment il a fait pour rebondir.
  • 21:24 : Le plus beau moment dans son parcours.
  • 22:23 : Le livre qu’il recommande.
  • 22:32 : L’entrepreneur qu’il suit.
  • 22:47 : Son outil en ligne préféré.
  • 22:55 : Son 1er conseil pour quelqu’un qui aimerait se lancer aujourd’hui.
  • 23:19 : Le meilleur investissement qu’il a réalisé pour faire croître Weglot

Ressources mentionnées

Le Livre qu’il recommande

L’entrepreneur qu’il suit

  • Elon Musk

Son outil en ligne préféré

  • Google Sheet
  • Help Scout

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Le démarrage de Weglot avec un petit script qui tourne chez un utilisateur

Naier : Augustin est-ce que tu es prêt à nous révéler l’entrepreneur qui est en toi ?

Augustin : Avec plaisir !

Naier : Excellent ! Aujourd’hui, j’ai accueille Augustin Prot, le cofondateur de Weglot, une appli de traduction qui s’intègre dans votre site web et le traduit dans n’importe quelle langue.

Augustin, avant de parler de Weglot, j’aimerais qu’on remonte le temps et qu’on s’intéresse à un peu ton parcours personnel. Est-ce que tu te rappelles du tout premier projet ou business que tu as fait ?

Augustin : Alors, ça va être un peu banal, mais le premier business que j’ai fait c’est Weglot.

Moi, je n’ai pas un track-record d’entrepreneur avec 100 projets. J’ai commencé par de la finance en fusion-acquisition, donc très classique.

Aussi, c’est après un peu de lassitude ou plutôt d’envie de challenge que je me suis tourné vers Weglot et que j’ai rencontré Rémy, qui lui, avait un passé d’entrepreneur un peu plus important que le mien.

Naier : D’accord ! Du coup, de la finance vers l’entrepreneuriat dans un monde un peu technique, ça fait un virage à 180 degrés. Pourquoi avoir fait ce choix-là ?

Augustin : Je pense qu’à un moment donné, j’étais trop dans ma zone de confort et je me suis dit que j’avais très envie de sortir du parcours classique de la finance dans lequel j’étais. J’avais très envie de créer quelque chose et de le faire grandir.

À cette occasion-là, j’avais rencontré pas mal de gens. C’est à ce moment-là que je rencontrais Rémy, on ne se connaissait pas auparavant. Et avec Rémy, on s’est tout de suite assez plu. C’est lui qui m’a un peu présent et pitché Weglot à l’époque.

Je n’y connaissais rien hein ! Moi, le web, le CSS, le HTML, ça ne voulait rien dire pour moi. API, je savais à peine ce que c’était.

Eh bien, j’étais hyper excité d’apprendre de nouvelles choses, de me forcer intellectuellement à comprendre une industrie, un marché, des spécificités techniques. Je crois que peut-être qu’au fond, c’était le geek frustré qui parlait en moi.

Naier : Du coup, en parlant de ça, toi et Rémy, comment vous avez trouvé l’idée et comment s’est passé le démarrage ?

Augustin : Alors l’idée, elle ne vient pas de moi, elle vient de Rémy. Bon ! Quelques mots sur lui : il a un background ingénieur. Après quelques années en conseil en ingé et un peu de dev web, il a monté une première boîte qui s’appelait Spothers.

C’était la fusion entre Google Maps et Le Bon Coin. L’idée c’était de dire : le prisme localisation et proximité, c’est hyper important dans ta décision d’achat pour les petites annonces. Et il avait fait ça avec un de ses amis d’enfance.

Ils ont plutôt bien fonctionné.

En termes d’usage, ils sont montés à 15 000 utilisateurs et autant de petites annonces. Mais, niveau monétisation, contre Le Bon Coin c’est assez difficile, et à ce moment-là, ils ont décidé d’arrêter.

Mais quand il a arrêté, lui s’occupait de toute la partie dev web du site.

Il s’est posé la question : « qu’est-ce qui a été pénible pour moi ? » Vraiment, il s’est dit : qu’est-ce qui était l’enfer ?

Il a réfléchi et il s’est dit : « en fait, quand j’ai dû faire le paiement, j’avais une solution géniale, c’était Stripe. Quand j’ai dû faire la recherche, j’avais une solution géniale, c’était Algolia. Lorsqu’il a fallu faire des emails, c’était SendGrid. Quand j’ai dû faire les traductions, c’était un cauchemar ».

C’était un cauchemar technique parce qu’il a dû faire une partie de ses études à New York. Donc il parle très bien anglais, mais techniquement parlant, ça a été un enfer.

Il fallait passer beaucoup de temps pour aller changer les choses dans le code et il n’y avait pas de solution pour le faire. En fait, c’est réellement né d’une frustration de son côté.

Comment Augustin a cherché ses premiers Bêtas testeurs

Naier : Et du coup, à partir de cette idée-là, comment vous êtes-vous lancés ?

Augustin : Alors comment on s’est lancé ? Déjà, grâce à lui. Il avait déjà un petit script qui tournait, un premier utilisateur qu’il avait sur son site et…

Naier :… donc il a développé un petit truc ?

Augustin : Exactement !

Naier : Et il y avait un utilisateur qui l’a aidé à faire cette fonctionnalité-là, c’est ça ?

Augustin : Exactement, le feedback. Ensuite, mon rôle, comme je n’avais pas de background technique, c’était de trouver plus de testeurs.

Donc j’essayais, partout autour de moi, tous les gens qui avaient un site ou autre, à leur faire ajouter Weglot pour comprendre qu’est-ce qu’ils aimaient bien dedans, ce qui leur plaisait, ce qui au contraire n’était pas présent et qu’on aurait besoin de développer.

Je parcourais les espaces de coworking à Paris. J’allais, à la main, taper sur l’épaule des gens à 9 h 30 en demandant s’ils ont un site web et les disant : « injecte Weglot dedans et essaye ».

C’était assez marrant !

Naier : Excellent ! Du coup, à ce moment-là vous ne monétisez pas. C’était pour avoir des testeurs de l’outil, c’est ça ?

Augustin : Ouais, clairement ! Là, il n’y a même pas d’argent. Enfin, on avait une page pricing, mais on ne cherchait pas à vendre. On cherchait d’abord à ce que les gens l’utilisent. Le premier objectif c’était ça.

Naier : Ça a duré combien de temps ?

Augustin : Ça a duré un mois et demi.

Après, l’objectif, c’était de faire une première vente au moins afin de valider si quelqu’un est prêt à payer pour ce service.

Comment ils ont décroché leurs premiers clients

Naier : D’accord ! Comment se sont passées les premières ventes justement ?

Augustin : Les premières ventes ont été assez artisanales. À cette époque-là, on faisait du cold email et du call téléphone pour faire injecter un script.

Aujourd’hui, quand on regarde ça avec un peu de recul, ça nous fait rire. Mais, il y avait une personne qui nous a pris un plan qui était en Bretagne de mémoire. Elle faisait des lampes, je me souviens. La solution lui avait plu et elle avait fini par prendre un plan. On était hyper content, on avait célébré.

Naier : Elle l’a trouvé toute seule où vous l’avez… ?

Augustin : Non, elle nous avait contactés et on avait téléphoné. Moi, je prenais des listings de groupes Facebook genre french startup ou l’équivalent, et je contactais quoi !

Naier : D’accord ! OK ! Donc ça, c’était les premiers clients, c’est ça ?

Augustin : C’étaient les premiers utilisateurs slash clients. Mais bon ! Ce n’est pas le modèle qui, en termes d’acquisitions marketing, qui fonctionne aujourd’hui. Mais c’étaient les premiers pas quoi.

La création d’un plugin WordPress pour Weglot et l’impact puissant que cela a généré

Naier : Et après ses premiers clients, vous avez changé de modèle ? Vous avez cherché à croître par d’autres modèles ?

Augustin : Alors ouais ! En fait, la chance qu’on a c’est que c’est aussi venu des utilisateurs, des testeurs. Quand je demandais aux gens de tester, souvent ils me disent : « OK, moi je veux bien tester, mais j’ai un site WordPress ».

Nous, on ne le connaissait pas. Et ils nous disent : « Est-ce que tu as un plugin ? » On n’avait pas de plugin.

À un moment, on a eu tellement de retours, tellement de gens qui nous demandaient ça que l’on s’est dit : OK, on a vu que l’on pouvait faire un plugin, donc on en a fait un qui était juste une coquille qui a impacté Weglot.

En fait, c’était assez marrant parce que ça nous a permis d’être listés sur l’équivalent de l’App Store de WordPress.

Ce qui permet d’avoir un trafic assez important parce qu’il y a beaucoup de gens qui cherchent des solutions sur cette App Store.

Donc il y en a qui va chercher une solution mail, une solution de paiement, une solution de traduction dessus. Et ça, ça nous a permis de drainer et d’avoir un flux d’utilisateurs qui était assez important au début ; donc de sign up, et de pouvoir engranger plus de retours et plus de vente par la suite, et de faire grandir le produit et l’utilisation.

Naier : Et dès le début, avec ce plugin-là, y a-t-il eu rapidement beaucoup de gens qui se sont abonnés à Weglot ?

Augustin : Ça prend toujours du temps. Mais, pour le coup, il y a eu une vraie traction. On a vraiment senti la différence.

Ça, c’était en janvier 2016 et on a vraiment vu la différence une fois qu’on a eu ce plugin. Et on a compris deux choses à ce moment-là. Trois même !

La première, ce qui était assez dingue, c’est que techniquement parlant, ça nous permettait d’être beaucoup plus pertinent à la fois dans la performance et dans l’usage pour les gens.

C’est toujours mieux de proposer quelque chose dans leur environnement.

Deuxièmement, marketing en parlant, c’était aussi hyper pertinent parce que les gens cherchent des solutions dans leurs technologies.

Et enfin, trois, c’était effectivement un jeu de SEO dans le moteur de recherche de plugin WordPress qui nous a permis de monter et d’être les meilleurs sur les mots clés de Weglot.

Naier : D’accord, excellent ! Et Weglot propose une version freemium… enfin, une première version gratuite ou pas ?

Augustin : Oui, tout à fait ! En fait, encore une fois, on n’avait pas le choix.

Ça veut dire que comme c’est un environnement open source, pour pouvoir être listée sur le répertoire officiel des applications plugin WordPress, on avait besoin d’avoir une composante gratuite et réellement gratuite.

Donc c’est un peu comme ça qu’on est devenu le freemium avec un premier plan gratuit. À l’époque, on avait déjà une période d’essai. Et là, on a rajouté, en plus, un plan gratuit à notre offre.

Comment Weglot a fait pour faire monter ses chiffres en flèche jusqu’à atteindre 2 millions € / an

Naier : D’accord ! Et à quel moment, Augustin, selon toi, votre courbe de croissance s’est affolée ?

Augustin : Ça ne s’affole jamais assez pour nous. Je pense que c’est la maladie de l’entrepreneur.

Mais, je pense qu’elle a commencé à s’affoler, sachant qu’au début, même si la croissance financière de l’abonnement était importante, on était quand même très concentré sur l’usage.

Je pense que ça a commencé à s’affoler quand on a commencé à dupliquer. C’est-à-dire qu’au début, on n’était que sur WordPress. Au tout début, on avait un petit snippet JavaScript.

Ensuite, on a été très spécifique sur WordPress. Ça a bien fonctionné et on s’est dit : « OK, maintenant il faut faire la même chose sur une autre techno ». Donc, on a fait la même chose sur une autre techno qui est Shopify.

C’est un autre outil pour créer des sites beaucoup plus e-commerce, donc, aussi des gens qui ont un peu plus de budgets et qui est très en croissance. Et ça, ça nous a aussi permis de connaître un deuxième palier de croissance.

Naier : D’accord ! Donc, le e-commerce quoi !

Augustin : Tout à fait !

Naier : Augustin, où est-ce que vous en êtes aujourd’hui avec Weglot en termes de chiffre ?

Augustin : Alors, en termes d’utilisateurs, aujourd’hui, on a à peu près 50 000 sites qui nous utilisent dans le monde entier. En termes de chiffres, ça représente environ 2 millions de revenu annuel récurrent.

Naier : Ouaouh ! C’est génial !

Augustin : Ouais, c’est top ! On a tendance à vite oublier les paillets qu’on est dedans et avoir les yeux rivés sur le futur, c’est génial !

L’importance du support client pour une belle réussite

Naier : Et selon toi, quels sont les ingrédients essentiels qui ont conduit à une si belle réussite ?

Augustin : C’est toujours un peu difficile à analyser. Je pense qu’il y a plusieurs choses. Nous, quelque chose qui est dans notre ADN, c’est le support client.

Chez Weglot, je pense qu’aujourd’hui, quand tu prends un service en ligne, c’est hyper important d’avoir un support extraordinaire parce que tu t’attends à ce que ça fonctionne assez vite, tu t’attends à avoir un retour assez rapide.

Aujourd’hui, quand on regarde les standards, tu prends un Stripe, un Intercom ou autre, c’est quand même ça qui fait la clé, surtout pour des business qui sont comme les nôtres ; ça veut dire très entrant avec des niveaux de prix qui ne permettent pas d’avoir des sells.

C’est important d’avoir ce suivi et une très bonne relation utilisateurs après le sign up. Donc ça, c’est une chose qui a plutôt bien fonctionné.

Et la deuxième, à mon avis, c’est de continuer à être assez spécifique dans les technologies.

D’ailleurs, on a un produit qui touche à la fois les développeurs, les propriétaires de sites et également les gens qui s’occupent du contenu. Donc, il faut que ça parle aux trois.

Et quelque chose qui fait assez bien le lien entre les trois, finalement, c’est la technologie dans laquelle on crée son site.

Comment Weglot a géré la montée en croissance en passant de quelques centaines à 50 000 sites clients

Naier : Excellent ! Augustin, tu as parlé du support. Comment on gère une montée en croissance en passant de quelques centaines de sites à quelques milliers ? 50 000 sites, quand même, je suppose que le nombre de tickets de support a explosé. Comment avez-vous géré ça ?

Augustin : Je pense que ça a été progressivement. Au début, on avait des outils synchrones en temps réel : typiquement des fenêtres de tchat, des choses comme ça.

C’est normal, on était désespéré d’avoir le moindre retour. On voulait absolument comprendre, donc pouvoir parler directement avec la personne, c’était très utile.

Au fur et à mesure, on a abandonné ça pour privilégier les outils asynchrones. Donc on fonctionne par ticketing tout en gardant un temps de réponse qui est de un jour ouvré au maximum.

Ensuite, comment est-ce que ça fonctionne pour le scaler ? Ben c’est un mélange entre le bon choix d’outils et l’optimisation de l’utilisation de l’outil.

Et la clé l’essentielle, c’est l’équipe. C’est avoir la bonne personne qui est en charge de l’équipe support et les bonnes personnes qui sont avec elle et qui la composent.

Nous on a un mix de personnes qui ont beaucoup d’empathies, qu’on va avoir beaucoup de softs skills et des gens qui sont à la fois très techniques.

Le dernier point, chez Weglot, tout le monde fait du support. Même moi, je fais encore du support dans la semaine.

Rémy, le CEO et cofondateur, fait du support. Les développeurs font du support quand il y a des bugs sur leur partie, et c’est au centre de Weglot.

Naier : D’accord ! Tout le monde est en contact avec le client quoi ! Tu parlais d’outils, qu’est-ce que vous utilisez ?

Augustin : On utilise Help Scout.

Naier : Excellent ! Il est bon ?

Augustin : Il est très bon et ça convient très bien à notre besoin. Il y a une fonctionnalité qui est assez pratique dedans. C’est d’avoir des réponses préécrites.

Naier : Donc, ça facilite beaucoup le travail !

Augustin : Ça facilite le travail même si on a besoin de les personnaliser un petit peu systématiquement. Ça permet d’avoir une première base qui nous permet d’être beaucoup plus efficaces.

Naier : D’accord ! Vous êtes une équipe de combien de personnes aujourd’hui ?

Augustin : Aujourd’hui, on est 15.

Naier : Vous êtes 15, d’accord ! Donc, du coup, je suppose que vos clients sont un peu partout dans le monde ?

Augustin : Ouais !

Naier : Du coup, l’équipe, vous n’êtes pas exclusivement en France ?

Augustin : On est exclusivement en France. Alors c’est vrai et ce n’est pas vrai. C’est vrai parce que la majeure partie de l’équipe est en France et une personne à Lyon. On a une Américaine qui est à Paris avec nous.

On a aussi une personne qui travaille avec nous et qui est localisée aux États-Unis, qui travaille en freelance, mais qui pourrait presque être parenté à un CDI quoi.

C’est un membre de l’équipe à part entière. Donc, on a une personne, quand même, aux États-Unis.

Naier : OK ! Du coup, comment gérez-vous la relation ? Je suppose qu’à Paris, c’est facile. Vous êtes tous dans le même bureau, ça se gère facilement, mais avec les gens qui sont un peu à distance… ?

Augustin : L’avantage c’est que les gens qui sont à distance sont des seniors. Donc, quand même une grande autonomie.

Ensuite, avec les outils classiques, on fonctionne avec Slack et avec un meeting hebdomadaire qui permet de faire le point sur où l’on en est et quelles sont les choses à venir pour la semaine d’après.

Naier : D’accord ! Augustin, selon toi quel est le meilleur canal marketing que vous utilisez pour faire croître Weglot ?

Augustin : Je dirais que le meilleur canal marketing, quand ils existent, ce sont les stores, les applications de plugins au sein des technologies. Ça, c’est quand même quelque chose d’assez puissant.

C’est l’équivalent d’un App Store sur un iPhone, mais c’est pour la technologie qui créee le site.

Naier : Est-ce que vous avez aussi un programme d’affiliation pour rémunérer les gens qui vous apportent du business ? Vous en avez un ?

Augustin : Ouais, on en a un ! Ça prend du temps à se construire et à prendre une dimension qui commence à être satisfaisante.

Mais, effectivement, on a un programme d’affiliation qui est quelque chose qui est aussi important pour nous parce qu’elle permet de faire deux choses.

Un, c’est d’identifier des gens qui ont envie de monétiser leur influence et leur trafic.

Ça permet aussi de s’associer avec des gens qui sont importants pour nous, qui sont toutes les agences, les développeurs freelances de sites web et qui sont ravis de trouver une solution comme la nôtre qui leur facilitent la vie sur le volet traduction multilingue.

Et c’est normal que de notre côté, on les rémunère pour tout le business qu’ils nous rapportent.

Naier : D’accord ! Et quelle est aujourd’hui la répartition entre vos différents canaux marketing ?

Augustin : Alors, entre nos différents canaux marketing, je dirais que grossièrement, on va avoir un tiers qui vient de l’acquisition payante en référencement direct.

Donc typiquement Google Ads. On a à peu près un tiers qui vient de tout ce qui est les stores au sein des plateformes technologiques.

C’est ce dont nous avons parlé juste avant. Et on a un tiers qui vient d’un mélange de bouche-à-oreille et du référencement naturel.

Naier : Excellent ! Augustin, on n’a pas beaucoup parlé de Weglot et des différentes fonctionnalités que vous avez. Qu’est-ce qui vous différencie de la concurrence ? Qu’est-ce qui a fait que Weglot a bien marché ?

Augustin : Bah je pense que, déjà, même s’il y a des concurrents, il n’y en a pas beaucoup non plus. On s’attaque à un problème qui a beau être universel, qui, dans sa niche, n’est pas forcément le plus sexy.

Mais ce qui fonctionne bien, c’est qu’on essaye de répondre à deux vrais problèmes.

Le premier, c’est un problème technique : comment fait-on pour se libérer des contraintes techniques liées à la traduction ?

Ça veut dire : comment fait-on pour éviter d’avoir des développeurs ou une équipe de développeurs au milieu du projet de traduction ? Ça, c’est quelque chose que l’on permet avec une solution qui est la plus clé en main possible, la plus simple d’installation et d’intégration.

Donc, le but c’est systématiquement de fournir une expérience dans laquelle l’utilisateur final, même sans savoir coder, doit être capable de pouvoir utiliser Weglot. Ce qui va produire une performance derrière.

Je parle surtout en termes de SEO multilingue qui est équivalente à une solution s’il avait impliqué son équipe d’ingénieurs. Donc ça, c’est un premier point. C’est vraiment sur cette partie-là, clé en main, et automatisation.

Et le deuxième, c’est aussi d’essayer de fournir des outils qui permettent aux personnes responsables du contenu de pouvoir, de manière efficace et accélérée, de gérer la traduction.

Aujourd’hui, la traduction, ça reste quand même quelque chose d’assez pénible dans la tête des gens. C’est plus vécu comme un coût que comme un outil marketing même si c’est nécessaire.

Et nous, on essaye de rendre disponible pour les gens du contenu un ensemble de suite d’outils. Ça va être de la traduction automatique qui vient des meilleurs fournisseurs disponibles aujourd’hui, donc Microsoft, DeepL, Google.

Mais ça va aussi être des éditeurs visuels qui permettent d’être dans son site, donc, de plus facilement pouvoir déterminer quelle taille de mots, quelle formulation fonctionnerait bien pour cette page-là.

Et ça, on essaye de tout réunir dans un seul et même produit pour avoir la meilleure expérience possible.

Naier : D’accord ! Donc, le client, il peut soit faire appel à une traduction automatique, soit faire sa traduction ou faire intervenir des freelances ou des personnes de sa boîte pour faire une traduction humaine quoi ?

Augustin : Exactement ! Ouais ! Alors, Weglot n’est pas un traducteur. On est véritablement une solution technique qui permet de gérer et de diffuser un site en plusieurs langues.

Ensuite, c’est l’utilisateur final qui est seul maître du contrôle de sa traduction. Nous, on essaye de lui fournir le plus d’outils possible pour que ce soit efficace et performant pour lui.

Naier : D’accord ! Et justement, ce client final ne vous demande pas d’avoir une marketplace de traducteurs pour l’aider à trouver l’élan pour lui traduire ses sites ? C’est ça ?

Augustin : Si, on a eu des demandes comme ça. On s’est posé la question et par moment on s’est dit : « ce n’est pas notre métier ». On ne va pas essayer de faire un métier qui n’est pas le nôtre aujourd’hui. Donc ce qu’on préfère faire, c’est de s’associer.

D’ailleurs, c’est ce qu’ont fait avec des gens dont c’est le métier. Par exemple, on a TextMaster en France, Yengo au Japon, qui permettent de pouvoir trouver des traducteurs via le marketplace.

Donc nous, on va proposer à l’utilisateur la possibilité d’envoyer une ou plusieurs pages, toutes les traductions auprès de la marketplace et on fait le lien avec ce dernier.

Les perspectives d’évolution de Weglot

Naier : D’accord ! OK ! Augustin, quelles sont les prochaines étapes clés de la croissance de Weglot ?

Augustin : On a un vrai sujet technologique hein ! Comme notre approche c’est d’avoir quelque chose qui est le plus proche des usages, donc, qui soit très techno spécifiques, on a enfin réussi à un peu déverrouiller ça pour sortir les deux technos qu’on a aujourd’hui.

Donc, technologiquement parlant, maintenant, c’est possible d’utiliser Weglot sur n’importe quel type de plateformes.

Ça peut être un Prestashop, un Drupal… peu importe la façon dont vous avez construit votre site avec un même niveau de performance que si vous l’aviez conçu vous-même.

Donc ça, c’est disponible techniquement.

Maintenant, notre grand défi marketing et acquisition, c’est d’arriver à fédérer autour de cette possibilité un usage et de conquérir ces marchés-là.

Aujourd’hui, on est très présent dans deux grandes plateformes.

Pour demain, à court terme, notre grand défi c’est d’être capable de fournir et d’apporter cette solution aux autres communautés de techniques que l’on n’a pas encore côtoyées.

Naier : Excellent ! Et ça, ça nécessite des ressources, je suppose ?

Augustin : Ça nécessite des ressources effectivement ! L’avantage c’est qu’on a déjà un petit savoir-faire sur comment déployer, sur le plan marketing, notre offre dans une technologie. Alors, chaque technologie n’est pas différente… mais quelques marqueurs communs.

Et les ressources dont on peut avoir besoin c’est principalement marketing et contenus. Il faut être très présent sur le contenu pour démontrer que l’on a une solution performante et qui correspond aux besoins de ses utilisateurs.

L’intournable levée de fonds

Naier : D’accord ! Parlons de croissance. Augustin, comment avez-vous financé la croissance de Weglot ?

Augustin : On a fait une première levée de fonds en mai 2017 auprès de Ced Capital. Il s’agit d’un fonds d’investissement d’amorçage qui se structure comme un club de business angels, avec un grand réseau de business angels.

Ça nous a permis de pouvoir recruter sereinement et renforcer nos financements avec un peu de dettes auprès de la BPI.

En fait, depuis cette levée, on n’a pas eu d’autres événements d’augmentation de capital parce qu’on a réussi à être autofinancée.

Naier : Ouais ! Avec deux millions de chiffre d’affaires, tu arrives à financer pas mal de choses, je suppose ?

Augustin : Ouais !

Celui qui dérange tout le monde…

Naier : Augustin, c’est le moment des temps forts. Quel a été le pire moment de ton parcours d’entrepreneur et comment tu as fait pour rebondir ?

Augustin : Je ne sais pas, mais j’ai la chance de ne pas encore avoir connu un pire moment.

Je dirais plutôt, un sujet déjà évoqué, c’est quand j’étais le mec qui vient embêter toutes les salles de coworking, qui allait faire un par un toutes les épaules des gens pour aller ajouter un petit outil pour son site web.

Il y a un moment où il faut prendre sur soi et se dire : « ce n’est pas grave ». Ce matin, je suis le mec qui va emmerder tout le monde. Ça va être écrit sur ma tête, mais bon ! Ça va bien se passer !

Naier : Tu sentais que les gens n’allaient pas l’installer ?

Augustin : Ouais, tu vois ça dans les regards.

Enfin le succès

Naier : À contrario, quel a été le plus beau moment ?

Augustin : Le plus beau moment ! Je pense quand même qu’il y en a plusieurs, mais quand on a passé les 10 premiers clients qui ont payé, avec Rémy, on s’est dit : « OK, c’est génial, il y a 10 mecs qui payent.

Pourquoi n’y en aurait-il pas 1000 ou 10 000 ? On a un truc génial à faire grandir ». C’était un super moment avec Rémy.

Je pense qu’un autre très bon moment c’était aussi le premier recrutement. C’est assez sympa d’avoir la toute première personne qui a rejoint l’équipe et qui est encore là aujourd’hui. Il s’agit de Florent notre développeur.

Naier : D’accord ! Comment recrutez-vous chez Weglot ? Est-ce que vous avez un process particulier, une approche particulière ?

Augustin : Alors on a tendance à recruter une fois que l’on est sous l’eau. Historiquement, on n’est pas très bon pour évaluer notre besoin en termes de recrutement. On essaye de changer ça. En termes de process, on essaye de faire le plus vite possible.

Je pense que c’est appréciable pour les candidats et même pour nous. On fait rarement plus d’un ou deux entretiens au maximum.

Ensuite, on ne privilégie pas une source en particulier, on prend le maximum de canaux possibles, et voilà.

L’interview top 5

Naier : D’accord, excellent ! Augustin, on va passer à l’interview top 5 : le livre que tu recommandes ?

Augustin : La biographie de Churchill, extraordinaire ! Sa vie est une startup : il perd, il gagne, il recommence.

Et ça, c’est génial !

Naier : Excellent ! L’entrepreneur que tu suis ou dont tu es fan ?

Augustin : C’est assez banal, mais je crois que Elon Musk, malgré ses frasques assez habituelles, il est quand même génial ! Il arrive à avoir une vision, plusieurs visions en même temps pour ses différents projets et une vraie abnégation.

Naier : Ton outil en ligne préféré après Weglot ?

Augustin : C’est plus dur ça ! En ce moment, je crois que j’aime beaucoup Google Sheet.

Je trouve que c’est assez puissant.

Naier : D’accord ! Ton premier conseil pour quelqu’un qui aimerait se lancer aujourd’hui ?

Augustin : Alors ça c’est grâce à Rémy, c’est aller vers l’usage et le client le plus vite possible.

Évitez de passer trop de temps à développer. Il faut absolument, le plus vite possible, vérifier que quelqu’un l’utilise. Pensez à mettre le produit entre les mains de quelqu’un.

Peu importe que ce soit du soft ou du hard, mais il faut vraiment aller le plus vite possible vers ça.

Naier : Le meilleur investissement que tu as réalisé pour faire croître ton business.

Ça pourrait être un investissement en termes de temps, de moyens humains, de moyens financiers, un produit ou un service ?

Augustin : C’est un mélange du financier et de temps : c’est l’équipe.

Je pense que le recrutement c’est la clé.

Arriver à trouver les bonnes personnes pour former un noyau dur, c’est à la fois le plus difficile et ce qui apporte le plus de valeur à Weglot pour le moment.

Naier : Augustin, merci de nous avoir accordé cette interview.

Est-ce que tu pourrais dire à nos auditeurs ou est-ce qu’ils peuvent te suivre ?

Augustin : Avec plaisir ! Merci aussi de m’avoir interviewé.

Ils peuvent suivre sur LinkedIn et sur le blog Weglot où l’on raconte des petites histoires tous les trimestres et tous les mois. Les différentes personnes de l’équipe y prennent la parole en général.

Naier : Ça, c’est vrai ! Il y a des articles super intéressants sur votre blog.

Merci Augustin, à bientôt !

Augustin : Merci beaucoup !

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